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  Accueil > Politique > Livre : Namur - Années 1950 par les Archives photographiques namuroises asbl
 
 
 
Livre : Namur - Années 1950 par les Archives photographiques namuroises asbl
 
 

Namur années 50  Introduction

Les éditions du Studio Real Print poursuivent leur collaboration avec l’association Archives photographiques namuroises qui a donné son nom à une collection d’albums reproduisant des clichés anciens relatifs à Namur et à sa région. Pour le quatrième volume de cette série, l’éditeur a souhaité évoquer les années cinquante dont le souvenir est encore vivace pour beaucoup de Namurois.

L’histoire commence à la fin de la seconde guerre mondiale qui a durement frappé la ville et ses habitants ; on se souviendra longtemps du terrible bombardement du 18 août 1944. Lorsque les troupes américaines libèrent Namur, elles y sont accueillies comme partout ailleurs dans la liesse populaire. Il était important d’évoquer ce moment et d’anticiper ainsi de quelques années la période envisagée ici. On comprend mieux en effet le climat joyeux et festif qui se dégage des images sélectionnées si l’on se souvient de l’époque de privations, de destructions et de deuils occasionnés par la guerre ; c’est une explosion de joie après tant d’années de souffrances. Une partie appréciable des clichés reproduits illustre bien cette ambiance particulière à la décennie qui a suivi la fin de la guerre.
En feuilletant l’album, on retrouve ces tumultueux « corsos fleuris » animés par les « bragards de Jean-Biétrumé Picar » qui maniaient avec entrain leur redoutable canon à confettis. On se remémore aussi ces brillants défilés où de jolis mannequins féminins présentaient dans les rues de la ville les plus belles voitures de l’époque. On se rappelle encore de toutes ces vedettes de la chanson , du jazz et du cinéma qui étaient invitées à Namur et que le public accueillait avec enthousiasme. Au milieu de ces réjouissances, le folklore traditionnel ne perdait évidemment pas ses droits.

Après la guerre, l’Amérique triomphante nous envoie  quantité de ses produits si nouveaux pour nous et si fascinants : les rutilantes automobiles aux formes agressives, bardées de chromes, les appareils électro-ménagers et, bien sûr, le fameux Coca Cola. Quant à la télévision qui est sortie de sa phase expérimentale, elle commence à pénétrer dans les foyers.
La mode féminine évolue elle aussi et les défilés qui sont organisés attirent un public attentif ; les tissus fleuris, les robes serrées à la taille et tombant en larges plis jusqu’au mollet semblent fort appréciées. Les chapeaux aux formes fantaisistes le sont aussi. A la plage, en bord de Meuse, le maillot deux pièces qui annonce le bikini fait son apparition ; bien accueilli par les jeunes, il ne rencontre pas toujours l’approbation des autorités et du public conservateur. Tout cela témoigne d’un nouvel art de vivre et préfigure déjà la société de consommation des années qui suivront.

Le paysage urbain se transforme aussi. La plaine de Jambes commence à s’urbaniser ; les immeubles à étages et à appartements multiples apparaissent le long des boulevards et de grands chantiers sont ouverts comme celui du pont des Ardennes, du téléphérique ou de la Maison de la Culture. Pour quelque temps encore, le quartier du Pied du Château et du Grognon va garder son caractère populaire et, là aussi, la vie semble se dérouler dans un climat de fête.

Les loisirs et les sports nautiques ou autres sont également illustrés ici : les régates, la traversée de la Meuse à la nage, les baignades en bord de Meuse, la pêche, les jeux d’enfants ont inspiré le photographe et lui ont permis de réaliser de fort beaux clichés. Le moto-cross, le football et le cyclisme sont présents aussi, notamment l’arrivée à Namur en 1959 d’une étape du Tour de France avec les vedettes d’alors, Louison Bobet et André Darrigade.

L’objectif du photographe a encore saisi quelques jolies scènes de rue : marchand de fleurs place de L’Ange, passage du rémouleur, balayeurs au travail après le fête. Des faits divers aussi comme l’incendie du cinéma Paris ou le spectaculaire dérapage d’un char de l’armée dans la façade d’une maison de la route de Hannut.

Les photographies plus anciennes reproduites dans les volumes précédents de la collection  ne pouvaient pas toujours être localisées ou datées avec toute la précision souhaitable. Ici au contraire, les clichés ont pu l’être grâce à des recherches dans la presse locale et à des interviews de témoins Le travail minutieux de Jacques Bouton et de Christine Decock s’est avéré à cet égard extrêmement précieux. Il a permis de faire ressurgir un contexte, de retrouver une mémoire qui dans quelques années risque bien d’être perdue. Ainsi associée aux sources orales et écrites, la photographie présente un intérêt tout particulier pour l’historien.

Le choix des clichés qui sont reproduits dans cet album a privilégié certains aspects de la vie de l’époque et en a ignoré d’autres. Les années cinquante, à Namur comme ailleurs, ont été marquées par des événements politiques nationaux et internationaux difficiles, voire par des crises comme celle de la question royale qui prend fin en 1951, de la « guerre » scolaire qui se termine en 1959 par la conclusion du fameux pacte scolaire, des débuts de la crise du charbon et des catastrophes minières de 1956 au Rieu du Cœur et au Bois du Cazier. C’est l’époque aussi de l’arrivée des travailleurs italiens qui ne furent pas toujours bien accueillis chez nous. La situation internationale n’était pas non plus très favorable : on est en pleine guerre froide et, de 1950 à 1953, c’est la guerre de Corée à laquelle prendra part un contingent de volontaires belges. Au Congo, les émeutes de Léopoldville de 1959 annoncent l’indépendance prochaine. Mais c’est un autre propos et on ne peut nier que ces années cinquante ont été celles de l’euphorie, de l’enthousiasme et d’un nouveau mode de vie après les années difficiles et les privations de la guerre. A l’échelon national, ce climat est bien symbolisé par l’immense succès de l’ « Expo 58 » dont la ville de Namur accueillera un témoin artistique remarquable, le fameux Cheval Bayard du sculpteur Olivier Strebelle. 

Jacques Bouton

Né en 1933, Jacques Bouton, membre actif de l’association Archives photographiques namuroises et co-auteur du présent ouvrage a aussi été un témoin privilégié de cette époque que les photographies proposées ici ont voulu évoquer. Il est le fils d’un photographe professionnel qui disparut alors que Jacques n’avait que deux ans. Sa formation est celle d’un historien de l’art et c’est en autodidacte qu’il s’initie à la photographie. Très tôt et tout au long de sa carrière, il va pratiquer cette discipline parallèlement à son métier de professeur d’histoire. Cette double sensibilité à l’histoire, à l’histoire de l’art et à la photographie l’a amené à s’intéresser au patrimoine architectural et urbanistique namurois. Membre de la Commission royale des Monuments, Sites et Fouilles, co-fondateur du Comité Animation Citadelle, il publie en 1979 un guide du visiteur de ce site cher aux Namurois. Quelques années plus tôt, en 1975, il avait été chargé de réaliser un vaste reportage photographique destiné à illustrer un ouvrage consacré aux terroirs de la province de Namur et dont le texte était l’œuvre de Robert Delieu. Lors de la démolition du quartier du Grognon, il réalise une remarquable série de clichés dont certains ont été reproduits dans le tome II de la série Archives photographiques namuroises.
Ses débuts dans la photographie coïncident avec la période envisagée ici ; ses premiers clichés datent du tout début des années cinquante comme cette vue du charbonnage de la « Gueule du Loup ». C’est lui qui a choisi, pour illustrer la présente notice biographique, de présenter une photographie où on le voit, gamin de onze ans, juché sur le capot d’un char américain au moment de la libération de Namur.

Pour plus de renseignements - Cliquez-ici

 
cet article a été publié le 05-02-2010 et a été lu 1028 fois
 
     
 
 
 
 
 
 
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